Osteria Venti

20 Aug


Un restaurant italien dans le Vieux Port… “trappe à touristes”, vous dites? Oui, moi aussi j’étais sceptique, mais je me suis tout de même laissée séduire par le menu alléchant et la réputation grandissante de l’Osteria Venti.

On offre ici plusieurs choix de crostini (5 à 7$): aubergine, olives et oignons; foie de poulet; ou champignons de saison, par exemple. Ensuite, une sélection d’antipasti (10 à 14$): pieuvre braisée; assiette de charcuterie maison; et salade Caprese, entre autres.

Puis, comme chez Le Petit Italien, l’Osteria Venti vous laisse choisir entre deux formats d’assiettes de pâtes (9$ pour les petites portions, 15$ pour les plus grandes); je réitère que j’adore le concept, qui permet de déguster plusieurs saveurs à un prix très modéré.

  • Gnocchi de ricotta, sauce tomate;
  • Pâtes “strozzapreti” (littéralement: “étouffe prêtres”), avec haricots verts, pomme de terre et pesto;
  • Ravioli farcis aux betteraves avec sauce beurre, graines de pavot et sauge.

Et finalement, quelques mets de viande sont aussi disponibles:

  • Demi-poulet de Cornouaille épicé avec salsa verde (15$)
  • Agneau du Québec avec vin blanc et ail (21$)
  • Lapin façon Ischia (une recette de Naples, avec vin blanc, tomates, ail, thym, et basilic, entre autres) (22$)

Il est à noter que les mets de viande ne sont servis avec aucun accompagnement. Vous pouvez donc commander une petite assiette de légumes (6$ chaque), comme des épinards sautés au beurre; des pommes de terre rôties au romarin; ou des rapinis à l’ail.

Nous avons donc commandé un antipasti de Pallotte Marcovecchio (boulettes de viande – 10$), une petite portion de Bucatini alla Gricia (une sorte de spaghetti , avec une sauce très faiblement similaire à la Carbonara – 9$), une Porchetta (porcelet de St-Canut – 25$), ainsi qu’un accompagnement d’oignons et de chou-fleurs caramélisés – 6$). De plus, un verre de Rivus rouge pour Kris (8$), et un Chardonnay blanc pour moi (7$).

Les boulettes, recouvertes d’une sauce tomates exquisément riche et fraîchement estivale, et généreusement agrémentées de parmigiano reggiano, sont parfaites. Les pâtes sont recouvertes d’une sauce quelque peu trop huileuse, mais poivrée avec justesse. J’aime beaucoup l’utilisation des bucatini, que l’on retrouve moins souvent que les spaghetti ou que les linguini, et du guanciale, une viande similaire à la pancetta. Cette recette est peut-être un peu trop simple et ne semble pas avoir été exécutée à perfection; tout de même, plus j’y pense, et plus j’ai envie d’en manger à nouveau… je ne saurais trop vous expliquer pourquoi. Le gros hic ici, c’est que l’air climatisé est si puissant que nos assiettes deviennent froides très rapidement.

D’après notre serveuse, le porcelet, enrobé d’une peau croustillante, farci d’herbes et baigné dans son propre jus, est la spécialité du chef; je m’attendais donc à ce que la viande me fonde dans la bouche, mais ce ne fut malheureusement pas le cas. La peau est belle et bien exquise, mais le reste du morceau est un peu sec et nécessite vraiment d’être trempé dans sa sauce et accompagné d’un petit morceau de pêche pour qu’on trouve la viande suffisamment juteuse. Par ailleurs, les légumes ne sont pas particulièrement “caramélisés”, mais plutôt panés; les oignons sont toujours croustillants, pas du tout sucrés, et recouverts de chapelure de pain. En somme, déception.

Finalement, on hésite un peu à commander un dessert, se disant déjà avoir beaucoup dépensé pour de la nourriture plus ou moins impressionnante. Mais je me dis qu’il vaut mieux faire l’expérience d’un repas complet avant de tirer ma conclusion, et qu’il n’y a rien de mieux qu’un tiramisù pour juger d’un restaurant italien. Et quelle chance! Ce dessert (7$) est absolument merveilleux; probablement le meilleur que j’ai mangé depuis mon dernier voyage en Italie.

L’Osteria Venti semble vouloir offrir une ambiance parfois décontractée, parfois sophistiquée, mais ne pas trouver le juste milieu. Comme les tables sont assez rapprochées les unes des autres, et le plafond assez bas, le volume de la pièce est beaucoup trop élevé – tellement qu’on a de la misère à entendre nos serveurs. De plus, ceux-ci sont débordés, et le service en devient très lent – ils oublient de desservir notre table et la vaisselle traîne et nous encombre tout au long de la soirée; plus tard, on attend plus de 20 minutes pour notre facture. Malgré cette lenteur, le tout semble saccadé,  on se sent pressés et inconfortables; et parmi les couples âgés et visiblement riches, et les jeunes “clubbeux” du Vieux-Port, on ne se sent pas du tout à notre place. Malheureusement, je m’attendais à beaucoup mieux.

Tout de même, je risque bien de donner une deuxième chance à l’Osteria Venti. Parce que j’aime le concept (le chef Forgione a nommé son restaurant ainsi en guise de célébration des 20 régions de l’Italie), parce que plusieurs recettes sont inspirées de la grand-mère du chef, parce que je n’ai entendu que des commentaires positifs à propos de ce restaurant, parce que tout est fait maison (du pain, à la charcuterie et aux pâtes), parce que les ingrédients sont majoritairement locaux, parce que le tiramisù est parfait. Je vous en redonne des nouvelles!

critical leonard

Leonard s'attendait à mieux.

Osteria Venti on Urbanspoon